Historique

” Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau” écrivait Paul Valéry qui rajoutait malicieux : “en tant qu’il se connaît “.

Le tatouage remonte à des temps ancestraux, il est temps de vous faire partager quelques grands noms et dates historiques :

Ötzi, c’est le plus vieux tatoué connu. De plus de 5 300 ans (il serait né vers − 3 300 avant JC), l’« Homme des glaces », retrouvé en 1991 momifié à la frontière italo-autrichienne, portait 61 tatouages. Il s’agissait essentiellement de traits parallèles, dont la plus grande partie était située sur le bas des jambes.Ces tatouages (probablement faits pour soigner l’arthrose dont souffrait Ötzi) étaient faits par incisions, dans lesquelles on frottait du charbon de bois.

– Le tatouage a été pratiqué dans toutes les régions du monde et à toutes les époques. L’origine du mot vient de Polynésie : le tatau y est une pratique ancestrale très importante qui pourrait remonter à – 1 300 ans avant JC. Un rite durant lequel on coloriait sa peau lors des étapes importantes de la vie en utilisant des dents de requin et des os taillés. Il était aussi un marqueur social, car essentiellement pratiqué par les classes supérieures (voir le Dessin d’un chef maori réalisé en 1784 après le premier voyage de l’explorateur britannique James Cook en Nouvelle-Zélande)

– Durant l’époque d’Edo (1600-1868), l’irezumi (tatouage japonais) devient synonyme de punition : les criminels sont tatoués de force sur le bras ou sur le front. Malgré son image négative dans la société, l’irezumi se développe et des Japonais se recouvrent tout le corps de dragons, de personnages et d’autres motifs. En 1872, les tatouages seront finalement interdits par le gouvernement. Ils seront à nouveau autorisés à partir de 1948, lors de l’occupation américaine.

– En Europe, il s’agit d’une pratique réappropriée par les marins de retour de Polynésie. Le tatouage est interdit en Europe, en 787, par l’Eglise, car jugé comme un symbole païen. Dans l’Ancien Testament (Lévitique 19:28), on peut lire : « Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Eternel. » Le tatouage réapparaîtra cependant au XVIIIe siècle.

– En Union soviétique (dès 1922), le tatouage devient central dans les prisons et goulags. Par un système très codifié, les prisonniers se gravent leur parcours criminel sur la peau. Les motifs et le nombre de tatouages donnent des indices sur la raison de leur séjour derrière les barreaux et instaurent une sorte de hiérarchie en prison. Les autorités soviétiques ayant commencé à déchiffrer certains symboles à partir des années 1960, le tatouage peut aussi trahir celui ayant la peau encrée.

1891 : première machine à tatouer. Le tatoueur américain Samuel O’Reilly est le premier inventeur d’une machine à tatouer électrique. Il s’inspire du stylo électrique, créé quelques années plus tôt par Thomas Edison, auquel il ajoute des aiguilles et un tube permettant d’insérer de l’encre dans la peau. L’apparition du dermographe révolutionne l’art du tatouage, permettant d’aller beaucoup plus vite et de développer de nouvelles techniques.

– Au XXème siècle, la pratique du tatouage poursuit son envol dans les différents univers. La pop culture influence et accentue le phénomène. Au XXIème siècle, il s’agit d’une pratique de plus en plus répandue et ce à travers tous les âges.

« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais à cause de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Nous sommes donc convaincus qu’au contraire nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal, et de l’autre, la beauté … »

 

François Cheng, Cinq méditations sur la beauté, éditions Albin Michel

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